Exposition Play/Display du 8 au 13 mars 2010

Galerie Commune, École Régionale Supérieure d’Expression Plastique de Tourcoing
36, bis rue des Ursulines – 59200 Tourcoing
Tél : + 33 (0) 3 59 63 43 20 – Contacts + 32 (0) 486 98 08 97

Ouvert du lundi 8 au samedi 13 Mars de 10h à 18h
Finissage le 13 Mars 2010 à 14h

Conception et pilotage : Maïté Vissault / Nathalie Stefanov
L’équipe : Marina Chao (ESAC), Maeva Deleersnyder (ERSEP),
Sandrine Goessens (ESAC), Antoine Kempa (ESAC), Thomas
Pukrop (ERSEP), Haowei Wang (ESAC), Thomas Zaderatzky (ERSEP)
Artiste invité : Ruben Bellinkx
Projet réalisé en collaboration avec l’ESAC, l’ERSEP et
le FRAC Nord-Pas-de-Calais, soutenu par l’AREA.
Avec les oeuvres de Ruben Bellinkx, La Monte Young, Dan Perjovschi.

Dirigée par Maïté Vissault et Nathalie Stefanov, professeurs, critiques d’art et curatrices d’exposition, Play | Display vise à interroger l’espace d’exposition, les conditions de visibilité des oeuvres et leurs implicationsdans les processus créatifs contemporains. L’exposition entend contribuer de manière significative aux recherches pratiques et théoriques sur les devenirs de l’exposition.
Play | Display se présente comme une succession d’installations performatives – les Plays – réalisées dans un temps volontairement très court d’une journée par une équipe de jeunes artistes issus de l’École Supérieure d’Art du Nord-Pas-de-Calais.
L’exposition propose successivement un accrochage d’oeuvres provenant majoritairement du corpus de Ruben Bellinkx (jeune artiste de la scène émergente belge) dans l’espace de la Galerie Commune.

Chaque Play constituera ainsi un « geste » créatif original proposé au public. Leur somme explorera les multiples facettes du territoire de l’exposition appréhendé comme système de production et processus créatif.

Conférence de Ruben Bellinkx

Lors de la présentation de son travail à l’école supérieure d’art de Cambrai par l’artiste belge, Ruben Bellinkx, on découvre un homme à la voix calme, racontant de façon posée et très narrative le processus de réalisation de ses œuvres.

Utilisant aussi bien le film, la photographie, le dessin que l’installation, il met en place un dialogue entre la nature et la culture : des plantes poussant à travers les murs (House Plant), des tortues portant une table (Table Turning), des chiens s’attaquant à une chaise (Musical Chair)…

Critiqué semble t-il par les associations de protection des animaux, l’élaboration de ses œuvres se fait pourtant dans le respect et la non souffrance de l’animal. Il nous raconte ainsi que pour pouvoir faire porter une table à 4 tortues, il a du en réaliser une spécifiquement pour que son poids ne dépasse pas 1 Kg : limite de poids répartie sur chaque tortue.

Une grande poésie se dégage des œuvres de Ruben Bellinkx malgré la cruauté qu’elles mettent en scène; les deux étant augmentées par l’absence de son. L’image entière envahit le spectateur, aucun son ne venant le perturber (hormis celui de l’appareil de diffusion lorsque les vidéos sont présentées en format pellicule 16 mm).

La multitude des supports de diffusion des œuvres de Ruben Bellinkx permet une grande liberté dans la mise en place d’une exposition. Musical Chair ou Table Turning par exemple sont des vidéos en 3 parties, qui peuvent, de ce fait, être montrées séparément, en triple écran, en triple vidéo-projection, ou encore dispersé en installation, projetées sur des cubes blancs disposés au sol par exemple.

Compte rendu : Sandrine Goessens

PLAY – 2008/2009

Retour sur les différents play

Le premier play par Cyril et Antoine : « Wham »

L’installation dénote une volonté de s’approprier et de détourner irrévérencieusement des oeuvres du F.R.A.C. Nord/Pas-de-Calais en contournant les protocoles d’exposition sans pour autant les enfreindre. L’oeuvre de Présence Panchounette intitulée «Wham» était initialement prévue dans l’installation mais elle n’a finalement pas pu être prétée par le F.R.A.C.. Son esprit insolant est pop a donc constitué la ligne directrice du play. La chanson « Wake me up » de wham a ainsi servie de base textuelle et sonore pour parasiter les oeuvres. L’installation se subdivisait en deux pièces devant lesquelles un sac de couchage permettait de s’installer, facilitant les échanges sociaux et mettant en exergue la précarité du play.

Le deuxième play par Jean, Thibault et Laura

La photographie de Béatrice Minda sort du cadre, l’ambiance de l’image investie l’espace d’exposition et seule reste la géométrie et cette lumière particulière. Comme dans l’image, le sujet passe au second, mais l’ambiance en émane. La photographie prend la même place que ce poteau, repris dans la pièce par un tube sur lequel une lumière forte vient tracer une ombre qui dessine la géométrie.

Le troisième play par Haiya, Yun Lu & Haowei : «le kitsch naïf»

Inspirés de l’oeuvre de Présence Panchounette : Wham  perçut par des  yeux asiatiques comme une possible forme de mauvais goût, et de mal fait. C’est à partir de l’idée de dégoût et du sens esthétique décoratif que les autres oeuvres prêtées par le FRAC Nord-Pas-de-Calais et venant des collections privées ont été travaillées.

Le quatrième play par Sandrine et Aline : « Play-Back »


Lors de cette semaine spécifique une équipe fut chargée de couvrir l’événement à l’aide de prises de vues photographiques, vidéos et sonores. C’est ainsi qu’ont été captés les différents «play» qui se sont déroulés lors de cette semaine, créant ainsi un dernier «play» qui lui traitait de l’archivage de cet événement. En résultât donc le «Play Back», signifiant un retour sur la semaine, une sorte de synthèse, de point de vue différent sur les «play» passés.

la vidéo de la semaine spécifique

Play/Display 2008-2009

En 2008-2009, le projet Transmuseum est retravaillé au sein du Bureau des Projets (laboratoire de projets indépendant du cadre institutionnel de l’ESA de Cambrai) par un nouveau groupe d’étudiants dirigé par Maïté Vissault. Il aboutit à la réalisation d’une semaine spécifique et plus encore.

Ce premier Play | Display fédérait 3 structures : l’ESA de Cambrai, L’ERBA de Dunkerque et le FRAC Nord-Pas-de-Calais.

Il s’axait sur une expérimentation autour de l’idée du display comme pratique artistique structurée en 2 temps :

une phase théorique

– Les 2 et 3 février furent consacrés à une présentation et une approche théorique des œuvres et manifestations ayant déjà exploré cette problématique.


une phase active

– Les 4, 5 et 6 février, après la présentation des œuvres et la visite des collections du FRAC, furent réservés à la réalisation d’événements autour de la mise en exposition.


Mis en place par Maité Vissault, Jérôme Cotinet-Alphaize (théoricien, curateur, spécialiste des relations art et design) et Joris Van de Moortel (artiste), ces véritables “performances”, nommées des Plays, appelèrent tout un chacun à les considérer comme des laboratoires. Chaque journée vit naître un ou plusieurs Play créés par les différents groupes formés par les étudiants et ouverts au plublic.

2007-2008 Transmuseum

En 2007-2008, Maïté Vissault lance un atelier nommé Mobil Home, se voulant une expérimentation sur la mobilité de l’exposition et de l’art. Pour ce faire, les étudiants de cet atelier appréhendent le thème, en commençant par une recherche sur ce type d’expérience.

Puis ils esquissent une exposition en partenariat avec l’ERBA de Dunkerque, en mettant en relation des oeuvres de design issues des collections du Frac Nord-Pas-de-Calais et un dispositif mobile et modulable conçu par l’artiste Joris Van de Moortel (qui lui-même travaille autour de la question de construction et dé-constrution d’espaces et dispositifs) et Maïté Vissault : le TRANSMUSEUM.



Transmuseum, Projet d’espace d’exposition modulable, conception: Joris Van de Moortel et Maïté Vissault

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Un laboratoire de l’exposition

Conduit par Maïté Vissault et Nathalie Stefanov, toutes deux enseignantes, critiques d’art et curatrices d’exposition, ce projet vise à interroger l’espace d’exposition, les conditions de visibilité des oeuvres et leurs implications dans les processus créatifs contemporains. Il entend contribuer de manière significative aux recherches pratiques et théoriques sur les devenirs de l’exposition. De nos jours, les artistes sont de plus en plus sollicités par l’institution muséale à concevoir les expositions, comme en témoigne l’exposition The State of the Things(1) à Bozar, Bruxelles1. De leur intervention résulte d’autres manières de mettre en scène et de présenter l’art.

Ainsi, de l’ordre du laboratoire faisant dialoguer les oeuvres dans l’espace d’exposition, ce projet vise à faire l’expérience de l’exposition comme structure, dispositif, contenu et espaces relationnels. Chaque Play constituera donc un « geste » créatif original proposé au public par un groupe de jeunes artistes. Leur somme exhibera l’effet du contexte de l’art sur l’art, l’effet du contenant sur le contenu, explorant le territoire de l’exposition comme système de production et processus créatif.

(1) The State of the Things, Bozar, du 18/10/2009 au 10/01/2010, curators : Luc Tuymans et Ai WeiWei. Voir aussi les nombreuses expositions du Palais de Tokyo, et les Biennales comme celles de Berlin réalisée en 2006 par Maurizio Cattelan.

Play / Display: L’exposition modulable

Play / Display
L’exposition modulable

Play en français se traduit par jouer, interpréter ; Display par disposer, montrer, exhiber, exposer ou visualiser.
Play | Display est une proposition consistant à inventer des dispositifs d’exposition.

« L’art contemporain vient à notre société par le biais de l’exposition »1
De nos jours, l’histoire et la pratique de l’exposition font partie des compétences indispensables à toute approche artistique contemporaine. L’exposition est plus que jamais au centre du projet esthétique des artistes au point d’être même revendiquée quelquefois comme seule constituante de l’œuvre.
Ce projet vise à faire réaliser par les étudiants des propositions d’exposition à partir d’un corpus d’œuvres issues de plusieurs collections. Réalisé dans un cadre institutionnel d’exposition, il s’attache donc à explorer les possibilités de mise en espace des œuvres et à s’interroger sur les hypothèses émises en matière d’interprétation et de disposition des œuvres, en s’appuyant à la fois sur une connaissance théorique de l’histoire de l’exposition et sur l’étude des œuvres retenues.

1- Poinsot, Jean Marc, « Les grandes expositions », p.122, dans, Cahiers du musée national d’art moderne, L’oeuvre d’art et son accrochage, Paris, Centre Georges Pompidou, n° 17. 18, 1986.

Hans Haacke, AnsichtsSachen, installation Museum Boijmans van Beuningen, Rotterdam, 1996

Joseph Kosuth,The Brooklyn Museum Collection: The Play Of The Unmentionable, installationBrooklyn Museum,Brooklyn,New York,1990